Le matériau, c'est la moitié de la pièce.

Une pièce imprimée dans le mauvais matériau meurt au premier été. Voici ce que nous utilisons, et pourquoi.

Pourquoi le PLA n'entre jamais à l'atelier

Le PLA — le matériau de toutes les imprimantes amateurs — commence à se déformer à 55-60 °C. Un tableau de bord ou une cellule de camping-car en Sicile en août dépassent les 80. Toute pièce en PLA montée là est condamnée d'avance : c'est la raison pour laquelle la pièce « imprimée par un ami » dure une saison.

Soleil et UV : ASA et ASA-CF

L'ASA est la famille des composants d'origine d'extérieur : le fabricant du filament la déclare stable aux UV et au vieillissement, et elle tient au-delà de 100 °C. C'est le matériau des manivelles de store, des bouchons et des embouts qui vivent au soleil. La version chargée carbone (ASA-CF) est environ deux tiers plus rigide : nous la choisissons pour les pattes, leviers et supports exposés qui ne doivent pas fléchir. Notre banc d'essai, c'est le soleil sicilien.

Intérieurs et chaleur : ABS et ABS-GF

Pour les intérieurs : l'ABS, le matériau de la plupart des plastiques d'origine — poignées, plaques, entourages, clips d'aménagement. Là où il faut plus de rigidité ou de stabilité dimensionnelle — platines, supports, pièces plates qui ne doivent pas se voiler — nous utilisons l'ABS-GF, chargé fibre de verre : environ moitié plus rigide que l'ABS.

Pièces mécaniques : PA6-CF et PA12-CF

Charnières, engrenages de manivelle, coulisseaux, leviers sous effort : nylon chargé carbone, pour la rigidité et la résistance à l'usure même à chaud — ces familles tiennent bien au-delà de 150 °C. Deux variantes, un choix précis : le PA6-CF, le plus rigide, pour la mécanique en milieu sec ; le PA12-CF dès qu'il y a de l'humidité — il absorbe environ un tiers de l'eau du PA6, donc la pièce ne gonfle pas et ne perd pas sa cote. Sur le pont et à bord, c'est notre choix par défaut.

Charges continues, chaleur et humidité : PET-CF

Pour les pattes et supports qui restent sous charge continue dans des endroits chauds et humides, il y a le PET-CF : le plus stable de nos matériaux chargés — il n'absorbe presque pas d'eau — et il tient au-delà de 200 °C. Nous ne l'utilisons pas pour les pièces qui doivent encaisser des chocs : chaque matériau à sa place.

Pièces souples : TPU en trois duretés

Pour les pièces qui doivent plier sans casser, nous imprimons le TPU en trois duretés. Souple (85A) : bouchons, passe-câbles, protections. Intermédiaire (90A) : poignées souples, capuchons, arrêts. Ferme (95A) : tampons, pieds antivibration, galets et butées. Jamais comme joint d'étanchéité garanti : l'étanchéité reste à l'installateur.

Chocs et chaleur : PC

Le polycarbonate (PC) est tenace et supporte la chaleur mieux que les plastiques courants : protections et carters qui doivent encaisser un coup, caches techniques non visibles. Imprimé au filament, il est au mieux translucide, jamais un verre : ni vitres d'instruments, ni caches transparents. Jamais les optiques homologuées des feux : celles-là, on n'y touche pas.

Les couleurs : noir ou blanc, prêts à peindre

Les matériaux chargés carbone sont noirs par nature — c'est la couleur de la fibre. Pour le reste, nous imprimons en noir ou en blanc, prêts à peindre ; autres couleurs sur demande pour ASA, ABS et ABS-GF, avec des délais supplémentaires possibles.

Le sens des fibres — et pourquoi nous disons des non

Une pièce imprimée au filament est anisotrope : elle résiste beaucoup dans le sens des couches, moins entre une couche et l'autre — comme le bois avec ses veines. C'est pourquoi nous orientons chaque impression selon les efforts réels. Et c'est pourquoi les pièces de sécurité, nous les refusons, toujours : prendre au sérieux les limites du procédé, c'est ce qui rend sérieux tout le reste.

Le renfort invisible

Nous ne copions pas l'usure : là où votre original a cassé, la pièce neuve sort renforcée — une nervure, un congé, une épaisseur en plus — sans toucher aux fixations. Même encombrement, plus de vie.